Laparoscope use and surgical site infections in digestive surgery.

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Auteurs: Bettschart Vincent, Romy S, Eisenring MC, V, Petignat C, Francioli P, Troillet N. Ann Surg. 2008 Apr;247(4):627-32. doi: 10.1097/SLA.0b013e3181638609.

Résumé:

L’utilisation de la laparoscopie lors de chirurgie viscérale s’est répandue de façon très rapide dès la publication des premières interventions à la fin des années 80. A la place de grande ouverture de la paroi de l’abdomen, visant à exposer le site opératoire, la chirurgie laparoscopique est pratiquée à l’aide d’une caméra introduite dans la cavité abdominale, au travers du nombril.

Les outils de travail sont passés par des incisions de quelques millimètres. Le chirurgien travaille en regardant l’image du site opératoire sur un écran. Les avantages perçus tant par le corps médical que par les patients (agression chirurgicale moindre, petites incisions, reprise des fonctions digestives précoce, séjour hospitalier raccourci), associés à une forte pression de l’industrie ont poussé à un développement parfois incontrôlé des techniques laparoscopiques.

Une des assertions visant à promouvoir la laparoscopie était qu’il y avait moins d’infection du site opératoire du fait de plus petites ouvertures, créant un espace chirurgical protégé. Pour vérifier cela nous avons eu recours à la base de données créée par le Prof. N. Troillet. Pionnier dans ce domaine en Suisse, il a récolté durant des années des données chirurgicales dans plusieurs hôpitaux, en commençant par le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois dans les années 80.

Nous disposions ainsi des informations concernant plusieurs milliers d’opérations de l’appendice, du colon et de la vésicule biliaire. En comparant les interventions faites par voie ouverte traditionnelle, avec celles faites en laparoscopie, nous avons pu montrer une très nette diminution des infections du site opératoire lors de laparoscopie. L’ampleur de la diminution était importante, divisant par deux, voire par trois le nombre d’infections.

Cet effet marqué était dû à une diminution des infections superficielles, plutôt que des infections profondes.

L’effet protecteur de la laparoscopie sur les infections de site opératoire était ainsi démontré. Compte tenu du coût financier et humain de chaque infection de site opératoire, ce résultat est à prendre en compte lors du choix d’une technique opératoire pour la chirurgie du côlon, de l’appendice ou de la vésicule biliaire.

Le Dr Romy a reçu le prix de la Faculté de Biologie et de Médecine pour ce travail qui était l’objet de sa thèse de doctorat.